La Genèse en linogravure

Ce travail de gravure m’a beaucoup plu et je suis assez content des images finales. Cela provient surement beaucoup du fait qu’avec cette technique, on ne perçoit le rendu qu’a la toute fin du travail. On passe les plaques de lino dans la presse, on croise les doigts, et hop ! On découvre le résultat d’un long travail préparatoire. De plus, cette technique offre une belle qualité d’impression avec de très beaux aplats. Elle permet également d’utiliser des couleurs très vives.

Mon principal regret est de n’avoir eu le temps de réaliser que trois images (sur cinq prévues initialement…). Au-delà du fait que j’ai opté pour des images en couleurs qui demandent un travail de gravure plus important qu’en noir et blanc (deux plaques pour chaque image), j’ai beaucoup fractionné mon travail préparatoire. En effet, n’ayant jamais utilisé cette technique auparavant, je n’avais pas vraiment d’idée des possibilités qu’offre la linogravure.

 

Voilà comment je m’y suis pris pour limiter les mauvaises surprises à l’impression :

1. Une étape qui me semble évidente : le dessin.
Un croquis au trait assez poussé de mes images.

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2. Pour avoir une idée du résultat mais aussi pour savoir parfaitement à quels endroits j’allais devoir tailler dans la plaque : les essais couleurs.
A cette étape, il ne faut pas se perdre dans des petits détails de l’image ou des effets de dégradé ! N’oublions pas que la réalisation final se fera avec des gouges (pour graver) et du lino, des outils et un support bien différents du duo feutre/papier.

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3. Le report du dessin des zones de noir uniquement sur une première plaque de lino (avec du papier calque).

4. Une des étapes la plus longue (et heureusement la plus sympa ) : La gravure de la plaque des noirs, attention aux doigts et bonjours aux ampoules. Beaucoup conseillents de réchauffer le lino à l’aide d’un sèche-cheveux pour qu’il soit plus souple et donc moins dur à graver. Ma petite astuce : j’ai mis les plaques directement au four. Même si on se brule un peu les pâtes, c’est plus agréable de graver dans du beurre !

5. Premier tirage ! une étape que je juge très importante avant de passer à la gravure de la plaque couleur. En effet, cette première impression permet de dessiner sa plaque de couleur à partir du rendu exact des noirs, et non des roughs préparatoires qui diffèrent parfois beaucoup de l’impression.

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6. Le report du dessin des zones colorées sur une nouvelle plaque de lino (En les décalquant à partir de l’impression noir et blanc)
7. On rallume le four et, même si cette deuxième plaque demande moins de précision que la première, c’est reparti pour quelques heures de gravure. Lors du tirage définitif, les couleurs seront imprimées en première avant d’être recouvertes et cernées par les noirs. Je me suis donc permis de déborder ou de laisser des zones intacters, sachant qu’elles seraient recouvertes et masquées par le passage de la seconde plaque.

8. Deuxième et dernier tirage. Cette fois il faut être propre et précis car l’image que l’on imprime correspond à l’image finalisée ! Après avoir pris soin de découper les deux plaques aux mêmes dimensions, on place un gabarit dans la presse afin de pouvoir superposer avec le plus de précision les deux différents passages.

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Cette étape est souvent bien plus longue que l’on ne l’imagine… Si l’on réussit une belle impression des couleurs cela ne garantit pas que les noirs ne seront pas ratés, auquel cas il faut recommencer à zéro. Quand à la superposition des couches, il est quasiment impossible d’avoir un calage parfait. De mon point de vue, le petit décalage qui s’opère apporte une belle vibration à l’image et ne fait que contribuer au charme de cette technique d’impression.

Pour finir, je doute que cela intéresse quiconque mais j’ai vue ca sur d’autre site alors pourquoi pas : si vous désirez m’acheter une de ces images, je vous en envoi un exemplaire signé pour la modique somme de 20€.

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5 Responses to La Genèse en linogravure

  1. space pin-up 18 juin 2013 at 12 h 51 min #

    super article, c’est bien expliqué ;) tu oublis de préciser les dimensions de tes linos, (au cas ou quelqu’un serait intéressé..)
    bisous!

  2. Anne-Claire 22 juin 2015 at 11 h 16 min #

    Bonjour Tristan,

    Je faisais des recherches sur l’impression des linos, et, tac!, je tombe sur ton blog: morceau de chance, non? Est-ce que tu pourrais m’éclairer: comment arrives-tu à éviter un léger glissement de la feuille de papier sur le lino au moment ou la presse tourne, qui donne une trace peu heureuse autour des contours des formes? Il ne s’agit pas du léger décalage inévitable et plutôt agréable, mais bien d’un glissement… Quelle pression sur ta presse? Utilises-tu des baguettes pour surhausser le cylindre de la presse de taille douce? Autre méthode?

    Merci d’avance pour ta réponse.

    • Tristan 22 juin 2015 at 21 h 13 min #

      Salut Anne-Claire !
      J’avais réalisé mes tirages dans le cadre de mes études et je suis bien incapable de répondre à ta question…
      Je peu par contre te donner les contacts d’amis qui sauront t’éclairer ;-)
      voila leurs site web : http://www.matthieuferrand.com et http://www.ugopanico.com/

      Merci a toi

  3. www.bonneuil-virginie.com 2 mars 2018 at 15 h 59 min #

    J’aime beaucoup cet ce post!

    • Tristan 15 mai 2018 at 13 h 48 min #

      Merci Virginie !

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